La tempête, gros dégâts à Angers

Publié le par MClaude

Jardin des Plantes après la tempête du mardi 13 Février 1900

(Photo archives départementales du Maine et Loire)

L'orage de mardi
Ce n'est pas sans quelque surprise que mardi soir, vers huit heures, les Parisiens ont vu le ciel s'illuminer d'éclairs, tandis que la foudre grondait comme en plein mois d'août. Cet orage insolite, qui venait du sud, a pris la direction du sud-ouest, et a été d'une violence extrême dans la banlieue.
A la suite de cet orage une véritable tempête s'est élevée et a duré toute la nuit, causant partout des dégâts [.... ]

Si la tempête a fait de grands ravages à Saumur, elle en a fait de plus considérables encore dans la région. Nous n'avons pas ici d'accident de personnes à déplorer mais il n'en a pas été partout ainsi.
A Angers on compte un mort et plusieurs blessés.
Vers 11 heures, une cheminée de l'hôtel de M. Dezanneau, 17, rue Hoche, s'est abattue sur la toiture qu'elle a traversée et a écrasé dans son lit, une domestique, Mme Le Barillêc, âge de 4o ans.
La pauvre femme a reçu les soins empressés de M. le docteur Dezanneau mais tout secours a été inutile. Elle est morte quelques instants après l'accident.
Rue des Arènes, un accident analogue s'est produit chez M. Queruau-Lamerle. Une cheminée a écrasé une toiture et récouvert de ses débris deux bonnes qui étaient au lit. On les a retirées grièvement contusionnées, mais sans blessures inquiétantes heureusement.
Quatre bateaux lavoirs du quai National ont coulé malgré les efforts qu'on faisait pour les mettre à l'abri des vagues. Il n'y a pas eu d'accident de personnes, mais l'émoi était considérable.
On signale aux Ponts-de-Cé un autre accident. Un homme a été gravement blessé par la chute d'une cheminée.
Route du Panier-Fleuri, une jeune fille, Mlle Marie Grimault, a été prise sous les débris d'une toiture et assez fortement blessée.
L'église Sainte-Thérèse a tout particulièrement souffert de la bourrasque. A l'intérieur, le sol est jonché de débris de toutes sortes : ardoises, briques, fragments de tuffeaux, moellons énormes et dont la vue seule donne le frisson quand on songe à l'épouvantable catastrophe qui se serait produite si la tourmente avait éclaté pendant un office. Deux clochetons ont été enlevés et l'un d'eux, projeté par le vent, a traversé la voûte comme un boulet et est tombé sur l'orgue qu'il a fortement endommagé. La voûte est trouée en trois endroits et fendue sur une grande partie de sa longueur; plusieurs travées sont complètement détruites. La toiture est dans un état lamentable. Une des chimères qui décore l'orgue a été brisée net. Des fenêtres et des vitraux ont été mis en miettes, ainsi qu'un grand nombre de chaises. L'ensemble de l'édifice donne l'impression d'un temple saccagé par une bande d'anarchistes. Détail curieux : l'horloge extérieure de Sainte-Thérèse s'est arrêtée cette nuit à 1 h. 45.

L’Echo Saumurois du vendredi 16 Février 1900

Publié dans Chroniques, ANGERS

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