Suicide au Château de Jalesnes à Vernantes

Publié le par MClaude

Voici un acte de décès pour le moins surprenant décrivant dans le détail  les circonstances de la découverte et  l'état du corps d'un individu qui s'est donné la mort le 28 ventose an XI (19 mars 1803). Je me suis efforcée de le transcrire aussi fidèlement que possible malgré les absences de ponctuation, les majuscules et aussi l'orthographe. On a inséré dans le registre le procès-verbal établi séparément.

Les faits ont eu lieu dans la propriété du Château de Jalesnes (17è siècle) aujourd'hui rénové et transformé en gîte de caractère à Vernantes (photo Internet).

 

Procès-verbal joint

Procès-verbal joint

Acte de décès

Acte de décès


Aujourd’hui 28 ventose an onze de la République sur les trois heures de l’après-midi.
Nous Dominique Busson demeurant la commune de Vernoil premier suppléant de justice de paix de Longué ; assisté du citoyen allain, maire de la commune de Vernantes et de jean pironneau son adjoint, et encore du Ct Victor Champneuf officier de santé demeurant à Vernantes. Sommes transportés à la maison de jalesnes sur la Réquisition du citoyen Demaillé qui nous a dit que n’ayant vu ni entendu parler du citoyen macault son homme d’affaires chargé de pouvoir, et notaire public à la Résidance de Vernantes ni aucunes personnes de sa maison depuis ce matin qu’il avait envoyé l’appeler et frapper à la porte de la chambre qu’il habitait ordinairement qui fait partie du pavillon situé à la droite de la cour de la dite maison de Jalesnes ; que nous y étant transportés nous avons réitéré ; sans que personne n’ait non plus répondu nous avons seulement apperçut que la clef était dans la serrure de la porte et mise par le dedans de l’appartement : porte que nous n’avons pu ouvrir malgré tous nos efforts ; pour y parvenir, ce que voyant nous avons fait dresser une échelle dans les fossés par le nommé jacques murray serrurier à Vernantes à l’aide de laquelle il a cassé un carreau de vitre ; ouvert la croisée est entré dans l’appartement Lequel nous a dit qu’il appercevait quelqu’un de couché de travers dans la cheminée côté duquel était un fusil à deux coups et beaucoup de sang ; De suite il a ouvert la porte et sommes entrés dans l’appartement où nous avons reconnu que ce quelqu’un était bien le Ct macault âgé d’environ 42 ans, qu’il n’a donné aucun signe de vie, étendu par terre, la figure contre le carreau beignant dans son sang son fusil à deux coups proche de lui, dont un canon chargé et la batterie armée et l’autre vide et la batterie d’étendue, et dont les deux gachettes du fusil étaient par un cordon attachée à son pied droit ; et ayant remué le cadavre il en est sorti beaucoup de sang, ce qui nous a plennement convincu qu’il s’était suicidé ; Requis dans l’instant le citoyen Champneuf officier de santé d’en faire l’ouverture, ce qu’il a à l'instant exécuté en notre présence, celle du maire et de l’adjoint il a été reconnu qu’il avait le corps transpercé d’une balle de fusil qui est entrée à l’Extrémité Entérieure de la dernière (?) côtes, a pénétré en la partie entérieure du foie Gauche et a glissé le long de ce vissère jusqu’au cœur qu’elle a traversé et est sortie à la partie extérieure de l’homoplate ; demandé au citoyen demaillé s’il n’avait aucune connaissance de ce dessin et s’il savait les raisons qu’auraient pu déterminer le Ct macault à prendre ce parti, a dit que depuis plusieurs jours il était survenu dans son caractère une mélancolie extraordinaire un air rêveur et hors de lui-même ce qui le rendait presque méconnaissable, qu’hier au soir il le questionna sur les affaires de la maison, il lui fit des réponses vagues et insuffisantes ou insignifiantes Ce qui lui fit paraître qu’il avait la tête perdue ; interrogé plusieurs domestiques pour savoir n’avaient point entendu de coup de fusil ? ont dit que non. Seulement Louise bourget de la cuisine nous a dit que ce matin sur les huit heures elle avait descendue dans le caveau qui est dessous la chambre qu’occupait le dit macault elle avait cru entendre du brui et non pas un coup de fusil.
Et est encore comparu le citoyen de maillé qui nous a dit que tant que pour ses intérêts que ceux des héritiers du dit macault il était nécessaire d’apposer les scellés et défférant à sa demande nous y avons procédé de suite par un procès-verbal séparé. Fait et arrêté le présent procès-verbal les jour mois et an que dessus. présence que dit est (?) Et du citoyen alexandre laroche instituteur à Vernantes âgé de trente deux ans que nous avons commis pour notre greffier et ont tous les comparant signé avec nous après lecture faite. La minute des présents est signée demaillé, murray, champneuf chirurgien, allain maire, pirronneau adjoint, busson adjoint supppléant et la roche commis greffier : Les formalités étant observées nous dominique busson avons laissé le cadavre du dit macault à la disposition du nommé cousin concierge de la maison pour le faire innumer. Fait et arrêté des dits jour et an que dessus sur les six heures du soir et a le dit cousin signé avec nous, la minute est signée Symphorien cousin et busson
Constaté par moi jacques allain maire de la commune de Vernantes.

Commune de Vernantes (NMD an V - 1807) Procès-verbal et acte de décès an XI, vues 218 à 222

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