Jules DESBOIS (2)

Publié le par MClaude

 

ouvenirs d'enfance et début de carrière.

Voici un extrait de l'article rédigé par R. BAUCHARD consacré à Jules DESBOIS dans la revue "Société des Lettres, Sciences et Arts du Saumurois"   27ème année, tome XXIV, n° 78 d'Avril 1936 (p 18).

Pages 32 et 33 :

La joie de Desbois nous met tous à l'aise ; je lui expose ma requête, je lui rappelle le souvenir des vieux Saumurois, aujourd'hui disparus : le père Cristal, M. Goblet et M. Achille Girard pour lesquels il avait une profonde affection. «Attendez, me dit Desbois, ce n'est pas ainsi qu'on se reçoit entre Saumurois», et avec une vivacité qui surprend, étant donné son grand âge et son infirmité, il a soulevé une trappe dans le parquet de l'atelier et il a retiré deux bouteilles d'excellent Layon, que nous dégustons comme il le mérite. Desbois avec un sourire, à la fois joyeux et malicieux, évoque, à ma demande, pour les membres de notre Société, les souvenirs de son enfance et de sa carrière.

Il nous rappelle la date de sa naissance (décembre 185I), survenue à cinq lieues de Saumur, dans le petit village de Parçay-les-Pins ; à l'école communale il ne s'intéressait qu'au dessin ; il fait la plupart du temps l'école buissonnière ; son père, qui tient l'unique auberge du pays, se désole de ce fils dont il ne sait que faire; il a toutefois l'idée d'en parler à l'inspecteur primaire, M. Colomb, qui était venu déjeuner à l'auberge après sa visite de l'école. La mère de Desbois, paysanne au jugement sûr, à l'esprit fin et délié, intervient dans le réquisitoire du père contre le fils et présente les dessins du jeune Jules; frappé par leur originalité, et ressentant un vigoureux tempérament d'artiste, l'inspecteur conseille aux parents d'envoyer
leur fils chez l'abbé Brisacier qui dirige à Tours un atelier de sculpture réputé; Jules Desbois, qui a 13 ans, part chez l'abbé, mais la discipline est sans doute trop rigoureuse, ou l'enfant trop espiègle, car, au bout de quelques mois, le jeune apprenti est renvoyé définitivement de l'atelier. La mère fait encore appel aux conseils de l'inspecteur primaire, qui, cette fois, place le jeune Jules à Angers, chez Bournichet, excellent statuaire, artiste consciencieux et technicien de valeur, qui a eu également pour élèves Saulo Georges et Macé. En plus de l'atelier de Bournichet, Jules Desbois fréquente assidûment l'Ecole des Beaux-Arts; celle- ci est à l'époque dirigée par un homme éminent, le peintre Dauban, correspondant de l'Institut. Mais plus encore que le directeur de l'Ecole, c'est le professeur Brunclair qui aura sur Desbois l'influence la plus profonde et la plus durable. Brunclair est, en effet, un peintre remarquable, un professeur de dessin hors pair; il est resté cinquante ans à l'Ecole des Beaux-Arts, et il a formé toute la belle pléiade de nos meilleurs artistes angevins.

En 1877, Desbois, pressé par le besoin, accepte la proposition d'un sculpteur américain d'aller collaborer avec lui aux Etats-Unis. De retour à Paris, après deux ans de séjour en Amérique, d'où il est revenu aussi pauvre qu'à son départ, Desbois obtient quelques années plus tard, en 1887, la médaille d'or au Salon ; il devient l'ami de Carpeaux et le collaborateur de Rodin qui l'apprécie hautement.

Ce que Desbois ne nous dit pas, c'est la tendance de Rodin à s'approprier parfois le travail de ses collaborateurs et tout spécialement celui de notre hôte.

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